Corpus Delecta

Qui je suis ?

Un personnage, avec beaucoup de bouts de « vrai moi » dedans. A l’origine: un site adultère sur lequel je suis allée me promener, ma vie était ainsi faite, alors. Très vite, le plaisir redécouvert de la séduction, à distance certes, et cachée derrière mon écran, mais séduction quand même. Et plaisir. Avec certains hommes, je suis restée dans une relation purement virtuelle, ils me disaient alors: » S’il vous plait Corpus, faites-moi bander! Excitez-moi! » et j’adorais les faire bander et les exciter, sans jamais les rencontrer, ni même connaître leur véritable nom. J’ai écrit récemment qu’il y avait comme une histoire de pouvoir dans le fait de transmettre des émotions, même sensuelles, à travers les mots. Mais « pouvoir » est un terme mal choisi. Parce qu’en réalité, pour moi, il y a surtout de la jouissance à donner du plaisir, même à travers des mots. Écrire comme j’ouvrirais une bouteille de champagne… J’ai rencontré certains de ces hommes pour de vrai, mais: chut! ceci est une autre histoire! En tout cas j’ai gardé de cette expérience le goût et l’envie d’être – aussi – Corpus Delecta. Une femme-plaisir. Une femme à bulles!

Mes histoires sont aussi les leurs
La plupart de mes histoires sont nées des fantasmes des hommes. Protégés par l’anonymat de la toile, beaucoup se sont livrés en toute confiance, leur écrire des histoires sur mesure est vite devenu un jeu presque addictif, drôle, léger, sans contrainte… Nous n’étions pas là pour nous juger, ou pour taire nos plus secrets désirs, au contraire! J’ai par exemple écrit beaucoup d’histoires autour de vêtements. Les hommes sont très sensibles à la beauté d’une silhouette, à la fluidité d’un tissu, au galbe d’un mollet, à la fragilité d’une cheville perchée sur des talons, à une cambrure accentuée par un vêtement joliment moulant… Et contrairement à ce qu’on essaie de nous faire croire, ils n’ont rien contre nos rondeurs, nos imperfections, notre humanité nous rend désirables, et leur permet de se sentir désirés, eux aussi. Bon, bien sûr, je parle là des hommes que j’ai accepté de rencontrer, moi. Je sais par expérience, et aussi pour en avoir discuté avec des amis des deux sexes, qu’il y a d’autres profils, notamment sur les sites Internet. Je ne peux évidemment parler que de ce que moi, j’ai choisi de vivre. Au-delà de l’émotion que leur procure une jolie silhouette, les hommes aiment tout autant les mises en scène que nous, les femmes. Et ils ont envie de se sentir désirés. Notre désir pour eux les excite… Si je devais résumer la ligne conductrice de mon travail d’écriture érotique, ce serait ça, je crois: tout comme nous, les hommes crèvent d’envie de se sentir désirés.

 

L’exception Shéhérazade 2.0
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​Je pense être assez ouverte, joueuse, ludique… pour imaginer et écrire pas mal de choses. C​eci dit, il y en a au moins autant dont je n’ai pas envie. Les relations SM par exemple ne me séduisent et ne m’attirent absolument pas. Chacun son truc, ce n’est pas le mien​ c’est tout.​
Dans ce sens-là, je trouve que « ma » Shéhérazade frôle les limites.
​C​ela fait partie de ma liberté d’auteure: je peux frôler les limites! J’ai écrit « Shéhérazade 2.0 » un peu comme une boutade, une réponse à un défi lancé par un homme. Je me suis beaucoup amusée à le faire, c’est une histoire « à la manière de », plus proche de San Antonio, dixit un lecteur, que des « Contes des 1001 nuits ». C’est avant tout une histoire écrite pour divertir et exciter, mais ça reste une histoire. Je vais publier en 2015 chez HQN un tout autre récit, beaucoup plus sensuel, plus puissant, parce qu’il y est question d’attirance presque fusionnelle. J’écris beaucoup de choses différentes, dans beaucoup de domaines qui n’ont rien à voir les uns avec les autres. Ce qui les relie, ces choses, c’est la liberté, ma liberté d’auteur​e​. Dans le domaine de la littérature érotique, je l’apprécie tout particulièrement, cette liberté. Parce qu’elle rejoint ma liberté de femme, et que je suis les deux…

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