La Maison des Morts de Sarah Pinborough

Ils sont une poignée d’enfants et d’adolescents à vivre dans ce manoir désuet. Ils y ont été emmenés de force car ils sont Déficients, atteints par un virus incurable.
Personne ne connaît les conséquences de cette maladie hormis le fait que lorsque les premiers symptômes apparaissent, les patients sont emmenés, la nuit, au troisième étage du manoir, au Sanatorium… d’où personne ne revient jamais.
Toby est le chef du dortoir n°4. Depuis son incarcération, il vit comme une ombre, ne s’autorisant aucune amitié, aucun plaisir, aucun rêve. A quoi bon ? Il va bientôt mourir…
L’arrivée de Clara, une nouvelle patiente, va cependant tout bouleverser…

Sarah Pinborough nous revient avec cette romance young adult qui flirte avec le drame en mettant en scène un adolescent, Toby, qui a renoncé à vivre sous prétexte qu’il va bientôt mourir.
Préférant la solitude de la nuit, le garçon rythme ses journées pour s’isoler de ses pairs. Il ne veut plus souffrir. Il a déjà donné en renonçant à sa vie d’avant… Quand Clara fait irruption dans son univers calfeutré, Toby se rebelle avant de se laisser amadouer par la belle qui déborde de joie mais aussi de vie. Ensemble, ils expérimentent l’Amour avant de nourrir des projets d’évasion…

Les personnages sont touchants par le contraste qu’ils nous proposent. Toby incarne le solitaire qui a renoncé tandis que Clara endosse le rôle de la porteuse d’espoirs. Leur duo fait des étincelles, bouleverse le quotidien de la maison, éclabousse les seconds rôles qui profitent de ce changement pour commencer eux aussi une nouvelle vie.

La structure du récit est nette. Elle correspond à celle de la romance qui chemine entre le doute et l’euphorie depuis la rencontre jusqu’au dénouement final.
Le thème des premiers amours est ici traité avec sincérité et générosité.

Personnellement, même si j’ai apprécié ce roman, j’aurais aimé qu’il nous éclaire davantage sur la maladie et ses conséquences ainsi que sur le rôle du Sanatorium dans la vie et la mort des patients.
Dès le début du livre, cette pièce secrète fait l’objet de tous les questionnements alors on ne peut s’empêcher de se demander ce qui s’y passe, voire d’échafauder des hypothèses quant à la suite du récit… Cependant, à mesure que les pages se tournent, le lecteur comprend que cette question n’est plus centrale, comme si l’auteure avait changé de scénario en cours de route pour ne plus se concentrer que sur la romance et la dimension humaine de la mise à l’épreuve qu’elle a souhaité privilégier.

La Maison des Morts est un livre convaincant du point de vue de la romance et touchant dans les relations qu’il construit mais il manque pour moi d’intensité.
Le thème de la maladie et du Sanatorium étaient vraiment porteurs, ils auraient amené le frisson que j’attendais, la surprise qui m’aurait conduite vers le coup de coeur…
Je ne suis pourtant pas déçue car, au final, La Maison des Morts est une belle histoire d’amour que je recommande à toutes les âmes sensibles, à la recherche d’éternité.